L'école du tantra

Dictionnaire

    Acceptation

    Quoiqu’il nous arrive, acceptons-le et acceptons-le totalement. L’acceptation de tout ce qui est, de tout ce qui se passe en nous et autour de nous, est le plus haut sommet de la méditation.

    Acceptons les peines, les amertumes autant que les joies et les plaisirs ; acceptons la douleur et la souffrance, les échecs, les problèmes, les difficultés de tous ordres.

    Quand cette acceptation naît en nous, la vie commence à changer, avec elle vient une sérénité inébranlable, un profond silence devant les choses et les faits de la vie. Et ce silence n’est pas une absence, une mort, il est fait d’une  douce mélodie, d’une danse extatique. Ce silence n’est pas vide, il est plein de Conscience, d’Amour et de Lumière.

    Apprenons à accepter la vie comme elle vient. Quelque chose nous arrive, acceptons-le, quelqu’un nous quitte, acceptons-le.

    Restons le témoin silencieux de tous ces phénomènes qui font notre vie. Prêtons-nous au jeu de la vie sans vouloir en changer les règles, laissons faire la vie, faisons lui confiance. Voilà le plus profond secret de l’éternelle sagesse.

      Action

      Agissons mais ne réagissons pas. Quand nous agissons, agissons consciemment. Attendons d’être maître de nous pour agir….Quand la colère vient, restons silencieux, témoin de ce qui se passe en nous, mais ne coopérons pas avec elle, n’agissons pas en fonction d’elle, attendons qu’elle passe, car elle passera nécessairement comme tout passe, tout change, tout se transforme. Rappelons-nous cette loi sacrée : n’agissons jamais sous l’emprise d’un poison sous peine de créer des chaînes de réactions que nous ne pourrions plus maîtriser. Attendons d’être positif pour agir.

      Et cette positivité, ne la forçons pas, attendons qu’elle vienne comme nous avons attendu que la négativité passe. L’adage dit « apprenons à transformer notre poison en miel ». Il faut comprendre « attendons que le poison se transforme de lui-même en miel », il n’y a rien à faire, c’est la nature des choses, de l’énergie que d’aller d’un pôle à l’autre…..

      La sagesse c’est d’attendre d’être dans le positif pour agir.

        Amour 

        « Si tu aimes quelqu’un tu ne chercheras pas à le changer mais, au contraire, tu l’aideras à trouver si pleinement son être profond qu’il n’aura pas besoin de toi », nous dit le Tantra.

        Lorsqu’on est totalement libre, le véritable échange est possible. Alors on donne non par besoin ou par contrat, on donne parce que l’être déborde et que l’on aime donner. L’amour accepte et renforce la liberté de l’autre. Tout ce qui détruit la liberté n’est pas amour.

        Quand l’amour se détériore, il devient possession, jalousie, lutte de pouvoir, domination, manipulation….Quand  l’amour vit vraiment, il devient liberté absolue. Et cet amour commence par l’amour de soi. Le Tantra est l’amour pur, la méthodologie qui purifie l’amour de ses poisons….Laissons faire, laissons venir, ne soyons pas mendiant en amour, soyons empereur. Donnons et nous recevrons mille fois en retour.

        Si nous attendons quelque chose d’une personne, nous la manipulons. Or, quand on se sent manipulé, on veut se rebeller car on sent que sa liberté est polluée. On n’est plus sacré, on n’est plus la finalité ici et maintenant, on est utilisé comme une chose. Chaque être est une finalité en soi. Personne n’est venu ici bas pour répondre aux demandes extérieures. Prenons donc bien garde à ne pas aimer dans le besoin, mais dans l’échange… Notre amour ne doit pas devenir une prison pour l’autre.

        Le Tantra transforme la passion en amour. La passion est un attachement, l’amour donne la liberté. Le Tantra est la plus haute forme d’amour.

        Le véritable amour ne survient que lorsque notre être a atteint la maturité. On ne devient capable d’aimer vraiment que lorsqu’on est devenu adulte. L’amour de celui qui a profondément besoin de l’autre est un pseudo amour. Une personne intégrée est emplie d’un amour qui déborde vers l’autre, se répand autour d’elle comme la lumière d’une lampe dans l’obscurité. L’amour est une fonction de l’être.

        Celui qui a trouvé son propre centre, qui est présent à lui-même, émet autour de lui une aura d’amour. Celui qui n’a pas conscience d’être, ne dégage rien. C’est pourquoi il a besoin de recevoir, d’être rempli ; il est comme un mendiant qui rencontre un autre mendiant et chacun croit que l’autre possède et peut lui donner ce que lui-même n’a  pas. Bien sûr, à la fin, chacun sera perdant et se sentira trompé. Comment pourrait-on donner ce qu’on n’a pas, aimer l’autre quand on ne sait pas d’abord s’aimer soi-même ? C’est  impossible.

        On peut, tout au plus, être malheureux et séparé ensemble, ce qui est pire qu’avant car on se sent plus frustré et on rejette la faute sur l’autre. Tel est le paradoxe : ceux qui « tombent » amoureux n’ont pas d’amour, c’est pourquoi ils « tombent », leur besoin est comme un gouffre sans fond, ils ne peuvent donner. Une personne évoluée ne « tombe » pas en amour, elle s’élève. Seuls ceux qui n’ont pas l’intégrité requise pour assumer leur solitude, leur autonomie « tombent » et se sentent piégés, étouffés. Ceux qui s’aiment avec maturité se libèrent mutuellement, ils s’aident à détruire tous les liens factices qui les relient faussement, tous les attachements qui les emprisonnent. L’amour qui est donné avec la liberté devient un art.

        L’amour qui naît de la méditation n’est pas un amour de possessivité, d’attachement, de jalousie…

        Ce que nous appelons ordinairement l’amour, n’est pas le véritable amour. C’est une sorte de mendicité qui dit : « Donne-moi, donne-moi toujours plus ». Le véritable amour, lui, dit : « Prends, prends toujours plus ».

                    Quand l’amour donne, il est vrai.

                    Quand l’amour prend, il est faux.

                    L’amour a trois dimensions. L’une est animale, inconsciente, instinctive, biologique. La seconde est un peu plus que la première ; ce n’est plus l’attirance de deux corps, c’est l’attirance de deux psychés, c’est un niveau un peu plus raffiné que le premier mais il obéit aux mêmes lois : il naît et il meurt, il est éprouvé dans la relation et s’enracine dans l’inconscient.

        La troisième est l’amour dans la dimension spirituelle. Quand on entre dans cette dimension, on est Amour. Cet amour n’a plus besoin de personne, il s’adresse à l’univers entier. Il n’est pas provoqué en nous par un objet extérieur, une personne extérieure : il émane de nous comme le parfum émane de la fleur, même si personne n’est là pour le respirer. Cette forme d’amour qui est la plus raffinée est le fruit de la méditation. Il naît quand on arrive à se connaître soi-même et à être soi-même… Cet amour est une plénitude qui ne demande qu’à se répandre à s’épancher. Celui qui vient à réaliser qu’il n’est pas séparé de l’existence, qui se sent en communion orgasmique avec elle, connaît l’amour. Cet amour n’est pas lié à une relation. C’est un état d’être qui n’a rien à voir avec quelqu’un d’autre.

        L’Amour est la seule véritable religion. L’Amour est la seule chose de la vie qui soit substantielle, tout le reste n’est qu’illusion. Si nous laissons l’amour fleurir en nous, Dieu suivra car Dieu est amour, Dieu c’est l’Amour. Si nous passons à côté de l’amour, nous passons également à côté de Dieu. Car il n’y a pas moyen d’atteindre Dieu sans l’amour. Et si nous nous rappelons de l’amour, nous pouvons oublier Dieu, il viendra de lui-même car Dieu n’est rien d’autre que le parfum de l’amour. Si nous sommes pleins d’amour, le monde est plein de Dieu, le monde est Divin.  Dieu et Amour viennent toujours ensemble. Remplissons-nous d’amour et remplissons le monde d’amour, c’est la seule véritable religion, car l’amour n’est ni chrétien, ni bouddhiste, ni musulman. Par contre, si nous sommes pleins d’amour, nous pouvons être un Christ, un Bouddha, un Mahomet.

        Faisons fleurir l’amour en nous et Dieu sera notre Parfum

          Attachement

          Être attaché, c’est vouloir que les choses, les êtres, les situations que nous vivons soient pour toujours les mêmes.

          Cela est, bien sûr, demander l’impossible, car la nature même de la vie, de l’existence est le changement.

          Tout passe comme nous-mêmes passons, il y a un début et une fin à tout. Nous sommes arrivés sur cette terre un beau jour…..Nous en repartirons un beau jour….

          Mais nous refusons le temps qui passe, nous refusons que notre corps vieillisse, que nos amours finissent, que nos relations se transforment…. Nous tombons amoureux de quelqu’un et tout de suite c’est l’attachement ; et avec lui, les misères et les souffrances. On devient possessif, on commence à avoir peur que l’autre nous échappe, qu’il tombe amoureux de quelqu’un d’autre….Alors les stratégies, les manipulations commencent, on interfère avec la liberté de l’autre, on le réduit à l’état d’objet. Et bien sûr le respect  de l’autre disparaît avec notre peur de le perdre et le véritable amour n’est plus alors que de l’attachement. La relation n’est plus qu’un combat pour posséder l’autre qui ne laisse plus aucune place à l’amour.

          L’attachement est le poison de l’amour, il détruit l’amour. Cultivons l’amour, vivons-le intensément, profondément, mais ne le mélangeons jamais avec la possessivité, la jalousie. Les choses vont et viennent, les amours naissent et meurent en nous, tenons-nous dans notre propre centre. Ne retenons rien, ne prenons que ce qui vient et laissons-le partir quand le moment est venu, et chaque fois disons merci.

            Authenticité

            Être authentique signifie  être vrai, être soi-même. Comment rester vrai ? En se rappelant ces trois règles d’or :

            • N’écoutons pas ce que les gens disent sur nous-même, sur ce que nous devons faire, comment nous devons être. N’écoutons que notre conscience (notre voix intérieure). Rappelons-nous de rester vrai par rapport à ce que nous dit notre conscience ; même si cela nous conduit à des dangers.  Ne permettons à personne de nous manipuler, de nous contrôler… Attention !  Tout le monde est prêt à nous dicter le « bien » et le « bon ». Tout le monde voudrait nous changer, nous conseiller et surtout ceux à qui nous n’avons rien demandé…. Beaucoup sont prêts à nous guider, nous diriger…. Mais rappelons-nous : le guide est à l’intérieur de nous.

            Être authentique, c’est dangereux. Rares sont les gens qui bravent ce danger. Pourtant, seulement ceux qui en prennent le risque trouvent l’ultime beauté, l’ultime grâce, l’ultime plénitude.

             

            • Si nous appliquons la première règle, nous serons alors en mesure d’appliquer la Seconde : Ne portons pas de masques ! Si nous sommes en colère, soyons en colère. Restons vrai dans l’expression de ce que nous sommes, de ce que nous vivons. Plus de faux sourires.
            • La troisième règle : Restons toujours dans le présent. Tout ce qui est faux entre

            Toujours par la fenêtre du passé ou du futur.

            Ne transportons pas sur notre dos, le lourd fardeau du passé, sinon nous ne pourrons pas être vrai dans le  présent. Ne nous soucions pas du futur sinon il viendra s’immiscer dans notre présent et le détruire. Être  ici et maintenant, c’est être authentique.

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              Bonheur

              L’humanité peut être divisée en trois catégories d’individus : ceux qui dorment, ceux qui sont éveillés et ceux qui sont en train de se réveiller. Trois formes de bonheur correspondent à ces trois catégories.

              Pour ceux qui sont endormis, le bonheur n’est en fait que le plaisir du corps, la recherche de sensations liées principalement soit à la nourriture, soit au sexe. Cette poursuite du bonheur à travers les plaisirs du corps est vaine car elle obéit à des lois mécaniques dont la première est que tout plaisir est suivi par son contraire : la douleur, la souffrance. C’est un cercle vicieux qui n’a pas de fin. Le plaisir vous remplit momentanément d’une énergie positive et la douleur qui suit vous vide de cette énergie.

              Celui qui dort ne connaît rien d’autre que ces sensations contradictoires que lui apportent les plaisirs du sexe ou de la  nourriture et la douleur provoquée par le manque quand ils n’ont pas pu être assouvis (ou par les conséquences d’une pratique inconsciente de ces plaisirs…)

              Le plaisir vécu dans cet état de conscience primaire est en fait, lui aussi, quelque chose de primaire : quelques sensations sur la langue ou dans le sexe et surtout la sensation de s’être soulagé d’une tension encombrante : la faim ou le désir sexuel. Le plaisir, dans ce cas, n’est lié qu’à une décharge d’énergie passagère, il est comme un bon éternuement, mais où est le bonheur dans tout cela ?...

              Pour celui qui dort, seules les sensations de plaisirs sont liées au bonheur. Alors sa vie n’est que recherche de sensations qui n’arrivent, en fait,  jamais à le combler. C’est une quête superficielle sans qualité. Celui-là est dans le monde du quantitatif, dans le monde illusoire de l’avoir.

              Pour celui qui est en train de se réveiller, le bonheur est un peu plus qualitatif. Il ne dépend plus d’une sensation physique. Il est davantage lié à une sensation psychologique.

              Pour celui-là, la notion de beauté, de créativité intervient plus dans sa recherche du bonheur. Écouter de la musique, lire de la poésie, communier avec la nature, communiquer avec les autres. Le bonheur n’est plus lié à une décharge d’énergie encombrante agrémentée de quelques sensations ; il est plus riche, il est lié à des expériences qui lui apportent quelque chose, qui le remplissent, qui le construisent. Ce bonheur là est beaucoup plus profond que le premier mais il n’est pas l’ultime bonheur car il est toujours lié à quelque chose ou à quelqu’un qui vient nous remplir. Si la vie nous enlève l’objet ou le sujet qui nous rend heureux, le bonheur se transforme en malheur.

              A travers la quête de ce bonheur là, nous restons dépendants de ce qui nous rend heureux, nous ne sommes pas libres et toutes les expériences qu’il nous fait vivre, nous enrichissent momentanément mais ne nous remplissent pas totalement. Il y a une soif qui subsiste, un besoin inassouvi qui continue à se manifester et nous pousse à rechercher un  bonheur plus grand.

              L’ultime bonheur est celui que connaît l’éveillé. Quand l’obscurité du sommeil de la conscience a disparu, quand l’être est plein de lumière et que cette lumière dissout l’ego, toute tension, toute anxiété, et tout désir d’obtenir le bonheur par un objet extérieur disparaissent. Alors on est dans le présent, et ce qui se passe ici et maintenant suffit à combler l’être. Il y a une plénitude qui nous met en accord parfait avec ce que la vie nous donne à vivre.

              Cette forme de bonheur on peut l’appeler « félicité ». Elle ne dépend de rien d’extérieur à nous. Elle est en nous, rien ne peut l’entamer, elle est notre véritable nature. Quand nous sommes éveillés, elle est notre essence….

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                Commune

                Une commune (ou Sangha) est une fraternité d’êtres en mutation qui ont choisi de s’abreuver à la même source spirituelle. Comme une communauté d’abeilles venues butiner le nectar d’une fleur dont le parfum les a attirées.

                Quand le centre d’énergie formé par cette source spirituelle se manifeste, plusieurs cercles se dessinent autour de lui : le premier est celui des « initiés », ceux qui se sont rapprochés le plus près, ceux qui ont fait le « saut » et ont plongé dans cette source vive. Ce sont ceux qui sont entrés dans le  temple que forme l’énergie autour de ce point de focalisation. Le second cercle est celui des aspirants et le troisième celui des étudiants.

                Au centre de ce cercle se tiennent une ou plusieurs personnes qui ne sont ni des professeurs, ni des thérapeutes, ni des prêtres, ni des prêcheurs…Au centre se tiennent ceux qui sont en union avec la lumière, formant un cœur ardent et aimant. Dans le champ magnétique créé par le cœur, il peut y avoir communion, transfert d’énergie….Celui qui y a été attiré peut entamer un processus de transformation.

                La commune est le creuset de l’Athanor (chaudron alchimique) où les conditions sont réunies pour que la transmutation du plomb en or (de l’inconscient en Conscience) s’effectue dans les meilleures conditions.

                La dimension de la commune est égale au rayonnement de sa source, et chaque individu qui y rentre apporte sa propre dimension, son propre monde, et agrandit d’autant son espace. A partir du « temple » (le cercle central) s’établit une « chaîne d’or », la chaîne professeur – élève ou maître – disciple  qui rayonne jusqu’à la périphérie des cercles concentriques que forment les différents niveaux de la commune. Dans la commune, plus on s’approche du cœur, plus on passe de l’état de demandeur à celui de donneur, de l’état d’esclave (de son propre ego)  à celui de maître (avant tout de soi-même).

                La commune crée un espace pour que chacun puisse vivre l’aventure spirituelle avec d’autres qui font le même chemin. On peut, bien sûr, avancer seul, on peut s’affiner, se purifier, mais rester seul, c’est être comme un instrument de musique qui ne pourrait jamais jouer en orchestre. Un solo de guitare c’est beau mais limité, unidimensionnel. Tandis que dans l’orchestre plusieurs dimensions se rencontrent et une harmonie plus grande en ressort. La commune est comme un orchestre symphonique et le morceau qui est joué dans une commune Sannyas c’est le rire, la joie, l’humour, l’amour, la danse, la musique…..

                  Conscient

                  Être conscient de soi est à la fois le moyen et le but.

                  Prendre conscience est un processus qui peut se faire en plusieurs étapes.

                  La première est de prendre conscience de son corps. Prendre conscience de chaque geste, de chaque mouvement et au fur et à mesure qu’on prend conscience de son corps, on constate qu’il devient de moins en moins mécanique.

                  Le corps va se mettre en harmonie avec son environnement et une profonde paix va naître.

                   Alors on peut passer à la deuxième étape. Prendre conscience de ses pensées. Cela est plus difficile car le monde des pensées est un monde plus abstrait, plus fluctuant. L’énergie du mental est plus subtile que celle du corps, plus dynamique, plus insaisissable. Ce qui se passe « dans la tête » est tellement irrationnel ! Tellement mobile ! Tellement flou !

                  Pourtant, la plupart de nos actions sont directement influencées par ces pensées qui elles-mêmes sont directement programmées par les profondeurs de l’inconscient.

                  Observer les pensées, en devenir le témoin conscient va lentement en changer le cours. On va prendre conscience, au cours de cette observation, de certains mécanismes, de certains schémas qui se reproduisent régulièrement et qui font de nous des esclaves de forces obscures que nous ne maîtrisons pas du tout. Et le miracle, c’est que par le simple fait d’observer attentivement ces processus, les mécanismes inconscients vont peu à peu se dissoudre.

                  Le chaos des pensées anarchiques va devenir de plus en plus cohérent et le stress va se transformer en une profonde paix.

                  Quand le corps et le mental sont en paix, on découvre alors que les deux sont indissolublement liés, qu’ils sont faits pour vivre en harmonie. Alors on est prêt pour la troisième étape : prendre conscience de ses émotions, sensations, sentiments…

                  Ce  troisième niveau est encore plus subtil que le précédent car encore plus anarchique, encore plus fluctuant.

                  En prendre conscience, c’est là encore éprouver une profonde paix, une profonde relaxation. Quand ces trois niveaux sont franchis dans la prise de conscience de soi-même, on sent que le corps, les pensées, les émotions sont unifiés. Alors ils commencent à fonctionner en parfaite harmonie comme les différents éléments d’un orchestre symphonique. Ils jouent en nous la mélodie de la vie.

                  C’est seulement à ce moment-là qu’on est prêt pour faire le saut dans la quatrième dimension : être « conscient de sa conscience ». Quand on est « conscient qu’on est conscient », on devient un pur miroir qui reflète les différents éléments de la vie tels qu’ils nous arrivent, sans s’y identifier. Ce n’est que dans cette dimension que la félicité est atteinte.

                  Le corps connaît le plaisir, le mental connaît le bonheur, le cœur connaît la joie ;  c’est seulement dans la conscience pure qu’on expérimente la félicité.

                    Couple

                    Vivre en couple est une expérience pleine d’enseignements.  C’est d’abord une occasion d’apprendre que l’amour, le véritable amour, n’a rien à voir avec la dépendance. Dépendre de quelqu’un, c’est ouvrir la porte à la colère, la jalousie, la possessivité, la domination et autres attitudes malsaines. La première chose que l’on doit apprendre pour faire de la vie en couple une expérience réussie, créative, harmonieuse, c’est l’indépendance. Si l’esprit devient méditatif on sait comment se suffire à soi-même, on sait comment trouver la joie en soi-même et ainsi l’autre n’est plus un besoin. Quand le partenaire n’est plus un besoin, on peut lui faire partager sa joie. C’est le partage qui fait la qualité de la vie en couple.

                    Le couple construit sur la dépendance et notamment sur la dépendance affective, appartient au passé. Le couple du futur sera bâti sur l’amitié. Le lien qui se tissera entre l’homme et la femme partira d’un amour qui pourra être, au départ, passionnel, mais qui au fil du temps se transformera en une fraternité, une complicité, une intimité partagée librement et joyeusement. Pour que cela soit possible une condition est nécessaire dès le départ :

                    • Rien n’est promis pour demain.
                    • Partager le moment présent est suffisant, et si ce partage s’effectue dans l’amour, dans le respect de l’autre, il engendrera le moment suivant, et l’amour pourra se consolider, entrer dans de nouvelles dimensions, mais sans créer de dépendance.

                    Rappelons-nous que nous ne sommes pas avec l’autre pour lui faire partager notre misère mais au contraire pour lui faire partager notre richesse. Nous sommes avec lui pour lui donner. Notre misère est notre propre affaire, alors méditons, grandissons intérieurement, remplissons nous et donnons, donnons, donnons…..

                      Cygne

                      Le cygne est un des plus beaux animaux de la création, un des plus symboliques également. Sa blancheur est symbole de pureté, d’innocence. Sa noblesse symbolise la dignité. Il représente aussi l’énergie.

                      Il est capable de traverser les eaux en glissant sans se mouiller les plumes. Guru Nanak (XVème siècle) dit :

                      « Observe le cygne qui glisse sereinement sur le lac, les eaux ne pénètrent jamais au-delà de la surface de ses plumes… » (Jap Ji Sahib)

                       

                      Il est capable de s’élever puissamment vers le ciel en prenant son envol depuis la surface du lac vers la lumière céleste. Le célèbre sage Ramakrishna raconte qu’il a fait sa première expérience de Samâdhi  (illumination) quand, alors qu’il avait 13 ans, il passait au bord d’un lac et vit s’élever au dessus des eaux un vol de cygnes filant en parfait alignement vers la lumière du ciel.

                       

                      « La vision, dit-il était si belle et si claire comme message que j’en suis tombé sur la berge dans un état d’extase ».

                       

                      C’est alors qu’il fut ramené au village par des fermiers l’ayant remarqué, gisant sur le sol, avec une expression de béatitude et de ravissement qui les émerveilla. Alors il leur dit :

                       

                      « J’ai reçu un message de l’au-delà : - Ramakrishna, sois un cygne ! Ouvre tes ailes, le ciel entier t’appartient ! Ne reste pas prisonnier du lac, de son confort, et de sa sécurité : »

                       

                      Depuis  ce jour il changea totalement. Un processus d’éveil s’était déclenché à la vue des cygnes gagnant le ciel.

                      En Orient, le cygne est le symbole de l’illumination, de l’éveil spirituel, de la libération. Celui qui est « illuminé » est appelé Parama-hamsa, ce qui signifie : le glorieux cygne

                      quelqu’un, c’est ouvrir la porte à la colère, la jalousie, la possessivité, la domination et autres attitudes malsaines. La première chose que l’on doit apprendre pour faire de la vie en couple une expérience réussie, créative, harmonieuse, c’est l’indépendance. Si l’esprit devient méditatif on sait comment se suffire à soi-même, on sait comment trouver la joie en soi-même et ainsi l’autre n’est plus un besoin. Quand le partenaire n’est plus un besoin, on peut lui faire partager sa joie. C’est le partage qui fait la qualité de la vie en couple.

                      Le couple construit sur la dépendance et notamment sur la dépendance affective, appartient au passé. Le couple du futur sera bâti sur l’amitié. Le lien qui se tissera entre l’homme et la femme partira d’un amour qui pourra être, au départ, passionnel, mais qui au fil du temps se transformera en une fraternité, une complicité, une intimité partagée librement et joyeusement. Pour que cela soit possible une condition est nécessaire dès le départ :

                      • Rien n’est promis pour demain.
                      • Partager le moment présent est suffisant, et si ce partage s’effectue dans l’amour, dans le respect de l’autre, il engendrera le moment suivant, et l’amour pourra se consolider, entrer dans de nouvelles dimensions, mais sans créer de dépendance.

                      Rappelons-nous que nous ne sommes pas avec l’autre pour lui faire partager notre misère mais au contraire pour lui faire partager notre richesse. Nous sommes avec lui pour lui donner. Notre misère est notre propre affaire, alors méditons, grandissons intérieurement, remplissons nous et donnons, donnons, donnons…..

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                        Dharma ou Tao

                        Le monde est un ordre, ce n’est pas un chaos de choses et d’êtres sans relation les uns avec les autres.

                        Cet ordre qui est sous-jacent au monde est appelé Dharma.

                        Dharma est ce par quoi l’ordre du monde est maintenu. Sans Dharma le monde se dissoudrait dans le néant. Bien que le désordre existe, l’ordre en tant que Dharma prévaut. Car le désordre (Adharma) ne peut se manifester que localement et temporairement dans le temps et dans l’espace. Le Dharma n’est pas une loi imposée, de l’extérieur, par un seigneur tout puissant,  il est la nature même de ce qui est.

                        Le Dharma s’exprime partout, en tout, c’est la loi qui maintient la cohésion de ce qui est. Il s’exprime autant dans la partie que dans le tout, de même qu’il régit la relation de la partie au tout.

                        Le Tout est un vaste organisme vivant,  et le principe qui maintient la primauté de cette vie malgré tous les « désordres » qui la troublent,  est le Dharma.

                        Le mot religion, à l’origine, signifie re-lier, réunir les éléments du tout.

                        Voir, percevoir et ressentir le grand Tout comme Un est le but de toute religion. En d’autres termes on peut dire que le but de toute religion est de percevoir ce Dharma, de le reconnaître et de faire en sorte que l’homme s’harmonise à cet ordre. Indépendamment de toute étiquette l’assimilant à un culte particulier, l’homme véritablement religieux est celui qui se sent relié à tous les êtres et à toutes les choses de l’univers, ne voyant dans ces manifestations que le corps d’un grand Tout.

                        L’homme irréligieux, au contraire, est celui qui se croit le centre du monde et qui, égoïstement, considère tout être et toute chose exclusivement du point de vue de ses intérêts personnels et limités, sans soucis des autres et du monde qui l’entoure. C’est pourquoi toutes les religions s’accordent au moins sur un point, c’est que l’égoïsme de l’homme est le plus grand péché.

                        De même qu’il existe un Dharma qui maintient l’ordre de l’univers, un Dharma général (Sâmânya Dharma), il existe un Dharma individuel, c’est-à-dire une force qui maintient l’harmonie dans l’être. Toute action accomplie à l’encontre de cette loi se solde par de la souffrance et entame un processus de désordre et de destruction (maladie, etc.) Cette loi fait qu’il y a une justice immanente et chaque acte positif (en accord avec le Dharma) crée du positif et inversement.

                        Par extension à la dimension sociale on nomme aussi « Dharma » l’ensemble des règles morales et des lois qui sont propres à une collectivité religieuse. En Inde, en dehors de son sens philosophique, ce terme est devenu synonyme de religion. (p. ex. Sick Dharma, adeptes de la religion et du mode de vie Sick).

                          Dieu

                          Dieu n’est pas une personne, Dieu est une présence.

                          Celui à qui nous adressons nos prières n’existe pas en tant que personne, celui que nous adorons et que nous vénérons n’est nulle part en particulier. Il est partout, il est le Tout.

                          On ne peut d’aucune manière dialoguer avec Dieu, communiquer avec Dieu. S’adresser à Dieu est une attitude infantile. On ne peut qu’expérimenter Dieu, ressentir qu’on est une partie de lui.

                          Hélas, depuis des siècles, l’homme s’est représenté Dieu comme une personne, une sorte de Super Man qui tire les fils des marionnettes humaines et qui crée, au gré de ses caprices, du bonheur et du malheur. Cette idée extrêmement naïve de Dieu est à l’origine de deux calamités :

                          La première est que de soi-disant religieux se sont institués les interprètes de Dieu, de « sa » volonté. Ces soi-disant religieux nous ont appris à prier ce « père » qui est « aux cieux » et, dans la prière, à essayer de le persuader d’exaucer nos vœux, de satisfaire nos ambitions, de nous donner ceci et cela  ici-bas et ceci et cela dans l’au-delà. Quelle stupidité ! Quelle perte de temps et d’énergie.

                          La seconde calamité est que des hommes réagissant à cette présentation puérile et stupide de Dieu sont devenus athées. Ceux-là ont commencé à renier et à dénier l’existence de Dieu.

                          Ils n’avaient certainement pas tort quand il s’agissait de critiquer l’existence de Dieu comme personne. Mais le malheur est qu’ils ont du même coup nié l’idée d’une dimension sacrée de l’existence, de l’existence en tant que manifestation du Divin. De ce fait, ils ont nié l’expérience de Dieu. L’athée et le théiste primaire ont tort tous les deux.

                          Le Tantra nous dit : « Dieu est une expérience ». L’expérience que chacun peut faire du silence intérieur plein de conscience et d’amour, l’expérience d’un « état d’âme » fait de célébration et de gratitude envers l’existence, envers la vie, l’expérience de se sentir soi-même unifié et en même temps uni au reste de l’univers dont on ressent la parfaite cohérence, harmonie, beauté. Dans cette approche il ne peut plus être question de prière, de fils qui s’adresse à un père tout puissant. Dans cette approche, seule la méditation prend tout son sens. Si nous restons dans la première approche, nous restons dans la dualité : d’un côté le père tout puissant, de l’autre le fils tout impuissant et, entre les deux, le « Saint-Esprit » qui envoie les commandements auxquels il faut obéir sous peine  de punition, de damnation, etc.…d’un côté le Créateur assis sur son trône immuable, de l’autre la création pleine de péchés….

                          Le Tantra nous dit :

                          « À travers la méditation c’est-à-dire le profond silence de ton ego, ressent en toi s’unir le Père, le Fils et le Saint Esprit, ressent et expérimente l’unité du Créateur et de sa créature à travers toi : sois Dieu (en sachant qu’en tant que personne tu n’en es qu’une infime partie éphémère et fragile). Laisse le Saint Esprit, c’est-à-dire l’énergie de la créativité, de l’amour, de la lumière s’exprimer à travers toi en restant un canal par lequel il va passer pour atteindre le monde. Pour cela, il n’y a qu’une possibilité, trouver la dimension en toi qui, au-delà du mental, de l’ego, est branchée sur le Divin. »

                          Sortons du mental, de l’ego, comme un serpent sort de sa vieille peau et devenons profondément silencieux. Abandonnons cette volonté de dialoguer avec Dieu, de lui parler comme un enfant parle à son père. Laissons les mots disparaître et il n’y aura plus que le sentiment d’être intensément présent,  ici et maintenant.

                          Dans cette paix, dans ce calme, soudain apparaîtra la Lumière. L’existence sera perçue comme lumineuse. Alors les arbres, les montagnes, les rivières et les gens qui nous entourent apparaîtront enveloppés d’une aura de cette Lumière. Tout nous apparaîtra comme le produit de cette Lumière qui est la vie et nous ne verrons plus qu’une Vie à travers des millions de formes et d’expressions. Trouver Dieu ce n’est rien d’autre que faire cette expérience.

                          Dieu est en nous et non pas derrière les nuages du ciel à attendre nos prières. Dire « Dieu est en nous » est bien sûr une manière de parler, car en fait c’est nous qui sommes en Dieu….Mais pour en faire l’expérience c’est en nous qu’il faut chercher. Chacun est en Dieu, Dieu est en chacun.  L’unique différence entre les êtres, c’est que certains le savent, l’expérimentent et d’autres pas. Cette différence n’est rien d’autre que celle qui sépare « l’Illuminé », « l’éveillé » de l’homme ordinaire.

                          L’éveillé reconnaît que dans le Tout, c’est le cœur de Dieu qui bat. Le Tout, le cosmos est vivant, c’est un organisme infini, éternel qui crée, développe, détruit et fait renaître dans une danse perpétuelle tout ce qui existe.

                          Dieu est cette danse, l’Éveillé est celui qui est rentré dans la danse. L’homme ordinaire, l’homme endormi ne peut danser sur l’air de la vie, il est incapable de jouer sa partition dans la grande symphonie de l’existence car il est perdu dans ses rêves. Ses rêves sont comme une barrière, un obstacle qui l’empêchent de prendre conscience de sa propre réalité et par là même  de prendre conscience de la réalité des autres,  du monde, de l’univers.

                          Le premier pas consiste à prendre conscience de sa propre réalité. Le premier contact avec Dieu doit s’établir à l’intérieur de soi et  ce n’est que lorsqu’on  aura vu la lumière qui est en soi que l’on pourra voir celle qui est autour de soi, partout.

                          Celui qui veut trouver Dieu doit en tout premier lieu se défaire de toute idée représentant Dieu comme une personne. La personne est une prison. Sortons Dieu de la prison en lui ôtant toute forme particulière et c’est seulement alors que nous pourrons le voir dans toutes les formes.

                          Dieu est le sans Nom ; c’est pourquoi il n’y a pas besoin d’aller dans un lieu particulier pour contacter Dieu, pas besoin de temple, pas besoin d’église. Partout où nous nous trouvons, Dieu est présent. Partout où nous sommes se trouve aussi son temple. L’homme véritablement religieux transporte son  temple avec lui, tout ce qu’il touche devient sacré, tout ce qu’il dit exprime le sacré, tout ce qu’il fait manifeste la dimension sacrée de l’existence.

                          Le Tantra ne parle pas de Dieu. Parler de Dieu c’est toujours être un peu anthropomorphique, c’est créer Dieu à l’image de l’homme ;  C’est penser à Dieu en des termes humains. Cette attitude crée une limite et s’il est sûr que Dieu doit être à l’image de l’homme, il doit être aussi à l’image du cheval, du chat, des fleurs et des pierres, des forêts et des étoiles… Il est à l’image de Tout.

                          L’homme doit certainement être inclus en tant que forme dans le Tout, mais il ne peut être à lui seul la totalité de la forme. Le Tantra refuse cet anthropomorphisme qui consiste à concevoir Dieu à l’image de l’homme. Il remet l’homme à sa place, il ramène les choses à leurs justes proportions.  Il n’est pas centré sur l’homme. Il ne parle pas de Dieu, il parle de la Vérité. La Bible dit : « au commencement, Dieu créa le monde ». Le Tantra dit : Comment peut-il y avoir un commencement et une fin dans l’Éternel ? Tout est éternité.

                          La vision du Tantra va au-delà du temps. Dans le  temps, il y a un commencement et une fin, mais dans l’Éternité, il n’y a ni commencement ni fin. La Vérité est intemporelle. En fait, le temps existe comme une vague dans l’océan de la Vérité, il en est de même pour l’espace. Ce n’est pas la vérité qui existe dans le temps et l’espace, c’est le temps et l’espace qui existent dans la Vérité. Comme la fleur est une forme, l’homme est une forme, le temps et l’espace sont aussi des formes plus amples. La Vérité est hors du temps et de l’espace, elle les transcende. La Vérité existe par elle-même, toute chose existe dans la Vérité. La Vérité est l’essence l’être, le substratum de l’existence.

                          C’est pourquoi le Tantra ne crée pas de rituel ou d’adoration spécifique. Le Tantra ne construit pas de temples et n’ordonne pas de prêtres. Il considère que l’homme peut se mettre face à face avec la Vérité, dans une relation directe. Il n’y a pas besoin de  médiateurs, pas besoin de prêtres.  A quoi sert le prêtre s’il  parle de la Vérité, de Dieu et de mille autres choses « spirituelles » s’il ne les a pas lui-même expérimentées ? Il n’y a dans ce cas que des mots vides.

                          S’il n’y a pas de médiateur entre le Divin et l’homme, la religion reste pure. Elle reste une expérience à vivre individuellement. Personne ne peut se tenir entre nous et la vérité. Laissons notre cœur s’ouvrir à la vérité et elle nous comblera. Il n’y a besoin de personne pour interpréter.

                          Dieu n’est pas une personne, c’est une expérience : l’expérience de la félicité, de la joie, du suprême contentement. L’idée reçue selon laquelle Dieu est une personne, est une des grandes calamités de l’histoire de notre monde. C’est cette idée qui a créé les temples, les mosquées, les synagogues, les églises et qui conduit l’homme loin de la véritable religion.

                          La véritable religion est unique et il n’y a pas « des » religions,  il y a la religion ;

                          Pourtant, on dénombre plus de trois cents religions sur la terre… La véritable religion ne p eut admettre aucun adjectif (chrétien, musulman, israélite, hindou, bouddhiste) ! Comment la religion peut-elle être bouddhiste ou chrétienne seulement ?

                          La science étudie le domaine de la réalité objective, la religion étudie le domaine de la réalité subjective. Les deux, science et religion cherchent la réalité, la première dans le monde extérieur, la deuxième dans le monde intérieur. Si la science ne peut pas être hindoue, chrétienne, musulmane alors à plus forte raison comment la religion le pourrait-elle ?

                          La religion n’est rien d’autre que la religiosité, c’est une qualité d’être. Le sommet de la spiritualité, c’est la religiosité sans la religion.

                          Dieu est une expérience intérieure ! Quand on atteint son centre, là où l’être profond s’enracine, une explosion de joie et de félicité survient. C’est une explosion atomique… Dans un pareil moment, la conscience explose et on rentre dans le cœur du Divin. Cette expérience est Dieu. Trouver Dieu ce n’est pas rencontrer quelqu’un qui s’appelle Dieu. C’est expérimenter à l’intérieur de soi-même une dimension qui est divine.

                            Disciple

                            Dans le domaine de la spiritualité, comme dans tout autre domaine, la relation entre l’étudiant et le professeur est une relation en « tête à tête ». Il s’agit d’apprendre, d’en « savoir » plus à propos de Dieu, de l’Amour, de la Vérité. L’étudiant est là pour rassembler des connaissances, des informations. Le professeur lui offrira des mots, des écritures, des théories, des systèmes, des idéologies, des philosophies, des théologies.

                            La relation entre le disciple et le maître est totalement différente : c’est une relation de cœur à cœur. Le disciple ne vient pas vers le maître pour apprendre quelque chose à propos de Dieu, de la Vérité, de l’Amour. Il veut goûter, expérimenter, et pour cela, il est prêt à prendre le risque de sauter dans l’inconnu.

                            Le disciple est réceptif, vulnérable : devant le maître, toutes ses défenses tombent…. Il commence à s’effacer, à n’être plus rien. Le disciple se mélange au maître, il détruit toute distance, il se fond dans l’énergie du maître, il plonge au fond du brasier qui brûle dans le cœur du maître, s’y consume totalement et le miracle peut se produire : il renaît à lui-même avec les ailes de la liberté et prend son vol. La chenille rampante de l’ego est devenue le papillon lumineux et libre qui ira butiner le nectar de la vie..

                            Le mot disciple signifie : celui qui est prêt pour apprendre, ce qui explique le mot « discipline » : un espace créé pour apprendre. Etre disciple signifie qu’on est prêt à mettre de côté tous ses préjugés, à renoncer à toute croyance, à toute certitude, à tout à priori, pour apprendre seulement l’expérience. Le maître n’est pas là pour nous habiller davantage, pour nous donner de nouvelles certitudes,  de nouvelles croyances. Il est là pour nous aider à nous mettre à nu, à nous dépouiller du faux, afin que par nous-même, sur la base de notre propre expérience, nous puissions trouver le vrai.

                            Quand un être humain réalise que l’ego qui mène la barque de sa vie ne le mène qu’à la misère, au non-sens, que l’embarcation tourne en rond et que, sans cesse, reviennent les mêmes expérience négatives, les mêmes échecs, les mêmes erreurs : il est prêt à être un disciple.

                            Quand un être humain réalise que l’ego est la cause profonde de toutes ses misères, il se met en quête d’une énergie qui peut absorber cet ego, qui peut l’en débarrasser. Le maître n’est qu’une excuse pour que le disciple rende son ego.

                            Et c’est seulement dans une profonde relation d’amour que l’ego peut disparaître.

                            L’amour entre le maître et le disciple est une des plus hautes formes d’amour, une des plus pures, car ce n’est pas une relation,  c’est une communion. Il n’y a pas d’échange, il y a fusion et cette fusion se fait à sens unique, c’est la fusion du disciple en tant qu’être limité, fini, dans l’illimité, l’infini que le maître représente. Dans ce processus, le maître n’est rien. Il n’est qu’un prétexte pour le disciple pour se dépouiller devant Dieu. Le maître n’est qu’un moyen.

                            Il représente seulement un point focal où Dieu est visible pour le disciple ; c’est un repère, la matérialisation temporaire mais nécessaire de l’éternel infini. Quand la fusion s’est réellement opérée, quand le disciple est entré au plus profond du cœur du maître, ce n’est pas le maître qu’il trouve, c’est Dieu lui-même, la Vie, l’Existence, la Vérité, l’Amour, la Conscience (peu importe le nom qu’on lui donne).

                            Un disciple est prêt à devenir une pure matrice où viendra se déposer la graine. Il est réceptif, prêt à absorber. Il n’est pas là pour lutter, argumenter avec le maître. Il est là pour recevoir. Et ce qu’il reçoit est de l’ordre du mystère car le maître ne donne rien. Il ne donne que sa présence. C’est simplement le fait qu’il soit là qui provoque l’expérience comme la présence du soleil, de la lumière provoque l’ouverture du bourgeon. Le soleil ne « fait » rien pour cela. Il agit comme un catalyseur. Sans le soleil, le bourgeon ne serait jamais ouvert, la fleur ne serait jamais sortie, le parfum jamais exhalé. Sans le soleil, le bourgeon n’aurait  jamais « actualisé » son potentiel. Sans le maître, le disciple resterait endormi.

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                              Énergie

                              La plus grande découverte scientifique des temps modernes est celle qu’a fait Albert Einstein : la matière est énergie.

                              L’intégrité de la matière est seulement une apparence. En fait, il n’y a rien de solide même dans une pierre : la pierre est faite d’éléments qui, quand on les décompose, sont des vibrations de «l’énergie Une » qui est la source de tout ce qui est. Cette « énergie Une » a été appelée par les physiciens modernes « le champ unifié de création pure »,et c’est bien de la même chose dont parlent les diverses traditions spirituelles en le nommant différemment : Tao, Brahmâ, Dieu, Le Créateur, etc.…

                              Notre corps est énergie, notre psyché est énergie, notre âme est énergie. La différence entre ces trois niveaux n’est qu’une différence de rythme, de fréquence vibratoire.

                              Le corps est grossier. C’est l’énergie qui vibre sur une certaine fréquence qui produit la matière (atomes, molécules, tissus, etc.) et sur cette fréquence l’énergie crée des formes visibles.

                              L’énergie vibrant sur une fréquence plus subtile crée la psyché, tout ce qui n’est pas visible, touchable, comme les pensées et les émotions.

                              La matière et le mental naissent de l’énergie et fonctionnent selon des lois qui sont plus facilement quantifiables et observables dans le cas de la matière, et plus difficile à cerner quand il s’agit du mental. La troisième dimension de l’énergie est la conscience pure. Elle n’obéit à aucune loi. Elle n’est régie par aucun mécanisme. La conscience Est. Elle ne peut être réduite à l’état d’objet. On ne peut la décrire, car la conscience Est l’énergie pure qui crée ce qui est. La conscience est l’essence de ce qui est, l’esprit libre, infini, éternel, source de ce qui Est.

                              Si les trois niveaux de l’énergie Une vibrent en harmonie, nous sommes en bonne santé, en équilibre, en harmonie intérieurement et avec notre environnement.

                                         

                              Nous sommes Un, nous sommes total, nous sommes intégrés et intégrés au Tout.  Le but de toutes les pratiques « spirituelles » est d’intégrer les différents niveaux d’énergie présente en nous, à la conscience pure qui en est la source.

                              Si en nous la matière domine, cela signifie que nous sommes emprisonnés dans les mécanismes de l’inconscient, car la matière est l’inconscient par excellence, les instincts, les pulsions vont être les moteurs essentiels de nos actes. Si l’esprit domine, la mécanique des comportements instinctifs fait place à l’attitude consciente ouverte, créative, libre.

                              L’intelligence de la vie, la capacité d’harmonisation sur le plan intérieur et avec le milieu extérieur, sont les fruits d’un esprit éveillé.

                                Éveillé

                                Nous croyons être éveillés parce que chaque matin nous sortons du sommeil,  nous nous réveillons… Ouvrir les yeux au réveil est une chose, être éveillé en est une autre… totalement différente. Il suffit de fermer les yeux à n’importe quel moment de la journée pour constater le va-et-vient des rêves, des fantasmes, des désirs, des images, des impressions qui s’enchevêtrent en nous. Être réveillé n’est pas être éveillé.

                                Quand nous sortons du sommeil, le rêve continue… La seule différence est que les yeux sont ouverts. Regardons les mécanismes de nos comportements…Nous sommes des robots… La plupart de nos actes sont accomplis inconsciemment… Nous sommes programmés !

                                Nous sommes tous programmés ! Programmés par les idéologies, les croyances, l’éducation, etc. Dès notre plus tendre enfance, le bourrage de crâne a commencé, les curés, les politiciens, les parents, les professeurs, les conseilleurs de tout poil ont construit le programme qui est en nous et que nous suivons aveuglement.

                                L’état que nous nommons « éveil » est plein d’habitudes mécaniques, de préjugés, d’idées toutes faites, de comportements aveugles que nous reproduisons sans cesse dans notre vie quotidienne et que nous transmettrons à notre descendance qui en fera autant… et ainsi de suite…à moins que nous ne nous éveillions véritablement…L’état d’éveil véritable ne survient que quand nous sommes totalement déprogrammés, inconditionnés.

                                Bouddha signifie littéralement « Éveillé ». Celui qui a cessé de rêver, celui qui est en contact direct avec ce qui est.

                                C’est seulement quand on est éveillé que la vue est claire, qu’on peut voir et donc agir d’une manière juste, f aire ce qu’on a à faire et ne pas faire ce qu’on ne doit pas faire.

                                La connaissance de ce qui est bien et mal, vrai ou faux, juste ou injuste n’est accessible qu’à celui qui est réellement éveillé.

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                                  Femme

                                  Selon le Tantra, le féminin est le médiateur entre l’existence et l’essence, entre l’inconscient et la conscience pure. C’est pourquoi la femme peut être tour à tour démoniaque et castratrice ou initiatrice et médiatrice. Elle a le pouvoir d’élever l’homme ou de le faire chuter aux plus profond des enfers. Elle incarne la dialectique vivante du noir et du blanc. La femme est « lune » passive, réceptive ; c’est du regard de l’homme que dépend sa rédemption à l’état de Shakti ou sa chute comme « agent du démon ».

                                  Si l’homme peut vénérer sa femme, lui vouer un culte (ou plutôt vouer un culte au Divin à travers elle) en reconnaissant sa lumière, la beauté de son âme, la grâce de son corps, le raffinement de son esprit, la qualité de sa sensibilité, il fait d’elle une Shakti. Elle devient alors l’initiatrice qui fait grandir l’homme, qui l’aide à raffiner sa grossière et animale énergie.

                                  Tourné vers la terre, vers l’avoir, le quantitatif, le rationnel, le mental par son énergie masculine, l’homme a besoin de contacter sa propre énergie féminine pour s’élever au-delà de sa condition d’homme « infra-humain ». Sa Shakti est un excellent miroir qui l’aide à repérer le féminin en lui, l’Être, le qualitatif, l’intuition, l’émotion mystique.

                                  Le féminin n’est impur que quand il est souillé par le masculin, sinon il est le pôle lumineux de l’être. Il symbolise la beauté, l’amour, la créativité, le subtil, ce qui s’élève.

                                  C’est par un profond respect des femmes, à commencer par la sienne, que l’homme peut s’élever en conscience.

                                  Elle n’est pas un objet sexuel à la disposition de ses caprices, de son bon vouloir et de ses instincts incontrôlés. Elle n’est pas un faire-valoir pour son ego, elle n’est pas une maman pour l’enfant qui-n’a-pas-reçu-son-compte-d’amour, présent en tout homme. Elle n’est pas un robot à repasser ses chemises, une machine  à faire des enfants, un défouloir pour son agressivité. Elle n’est pas à vendre, elle n’appartient à personne, sinon à Dieu.

                                  Qu’y a-t-il au monde de plus lumineux, de plus magnifique qu’une femme qui a trouvé sa grâce, sa dignité et sa divinité et qui s’exprime.

                                  Quand la femme enveloppée de soleil a trouvé en elle la  « Déesse, Mère du Monde »

                                  Elle devient Amour  et détient  le pouvoir d’engendrer « le fils de l’homme ».

                                  Remonter

                                    Intelligence

                                    L’intelligence est notre capacité de répondre, de faire face au flux de la vie ; c’est notre aptitude à saisir ce qui nous est demandé dans chaque situation de la vie, notre aptitude à relever le défi qu’elle nous lance à chaque moment.

                                    Une personne intelligente agira en fonction de chaque situation qu’elle rencontre à l’inverse d’une personne stupide qui n’a que des réponses toutes faites et des préjugés pour guider ses choix. Une personne intelligente se fie à sa propre vision, elle a confiance en elle-même, elle s’aime et se respecte.

                                    Il ne faut pas confondre intelligence et intellect. L’intellect est lié au mental. C’est notre capacité de gérer notre mémoire et d’organiser les informations qu’elle contient. Il nous permet de « savoir » mais non pas de voir. Or « savoir » c’est être informé tandis que voir c’est être formé. Le premier processus reste abstrait, mental, tandis que la véritable vision que donne l’intelligence nous touche dans tout notre être, elle contribue à « former » notre être donc à nous « trans-former ».L’intellect produit des idées, des pensées, et il a tendance à enfermer la vie dans ces idées et pensées alors que l’intelligence reste toujours ouverte. Elle ne produit pas de jugements, elle ne fonctionne que dans l’ici et maintenant.

                                    La véritable intelligence est le fruit de la méditation. Quand on peut sortir de sa tête, prendre de la distance par rapport aux pensées, jugements, préjugés, croyances, fantasmes, mémoires et autres pollutions qui encombrent notre esprit ; quand on peut observer tous ces processus de l’extérieur, en être le témoin ; l’intelligence se manifeste dans sa spontanéité et nous ouvre les portes de la liberté et de la créativité.

                                      Intensité

                                      Pour connaître la Vérité, une chose est requise selon le Tantra : c’est l’intensité. Le Tantra dit : il n’y a qu’un seul commandement : « Ne sois pas tiède dans la vie ». La tiédeur est un lent suicide. Quand nous mangeons, mangeons avec intensité, soyons totalement présents dans l’acte de manger, que toute notre énergie se concentre dans la nourriture, mangeons avec amour, avec reconnaissance pour les aliments. Mâchons chaque morceau avec amour et nous n’aurons pas seulement le goût de l’aliment dans la bouche mais, en plus, le goût de l’existence dans tout notre être. Car l’aliment est aussi une partie de l’existence, il nous apporte la vie, la vitalité, le Prâna. Si nous buvons de l’eau, sentons le liquide pénétrer dans la gorge et ressentons le bien-être qui s’en suit. Ce ne sera pas seulement l’eau que nous aurons goûtée, mais Dieu lui-même.

                                      Chaque acte, même le plus « terre à terre », peut être sacralisé, c’est-à-dire vécu avec intensité.

                                      Cette attitude a parfois prêté à malentendu. On a souvent confondu le Tântrika (adepte du Tantra) avec un simple « bon vivant ». Si le Tântrika  est un bon vivant, il n’est pas un bon vivant ordinaire, c’est un bon vivant conscient. Pour lui, « bien vivre » ce n’est pas « profiter » de la vie, c’est célébrer la vie, célébrer le Divin dans la vie.

                                      Le Tantra dit : « c’est à travers les petites choses que la vie doit être goûtée ».

                                      Il n’y a pas de grandes choses dans la vie. La plus petite action peut devenir grande si on y entre totalement, profondément, avec intensité. Même l’acte sexuel, dans cette optique devient un acte sacré, quand il est vécu dans l’innocence et la méditation. Un état où le mental ne vient pas corrompre son naturel.

                                      « Engage-toi totalement dans l’acte, dit le Tantra, sans pensées, sans retenues, laisse-toi totalement absorber et l’expérience du sexe deviendra l’expérience du Divin.

                                      Le Divin peut être expérimenté dans toutes les dimensions de la vie. Ce n’est pas l’acte qui compte mais la conscience dans laquelle on l’accomplit. Dieu est partout, dans tout. Tout est sa Vérité. Il ne faut pas penser qu’on n’a pas de chance de ne pas avoir assisté à la création du monde par le « Créateur » car en ce moment même il est encore en train de le créer… Ne croyons pas que nous allons manquer le moment où le monde va disparaître dans le grand Bang final !.. car il disparaît en ce moment même…A chaque moment, le monde est créé de nouveau et à chaque moment, il disparaît.

                                      Le Tantra dit :  « Faites de même avec votre vie, à chaque moment vécu, mourez au passé et soyez comme neufs dans chaque moment présent, renaissez dans l’instant du présent ! ne traînez pas sur vos épaules le lourd fardeau du passé, restez vide. »

                                      Remonter

                                        Kali

                                        C’est Shakti sous son aspect destructeur. Elle est celle qui dévore le temps, absorbe dans sa danse éternelle le devenir des humains, écrase leurs illusions, leurs croyances. Elle tient dans une de ses mains une épée qui symbolise la destruction des liens qui nous attachent à la matière.

                                          Karma (voir également Samsâra)

                                          Pour le Tantra, le problème fondamental de la condition humaine  est l’esclavage de l’homme enchaîné à son ego. Aussi longtemps que l’homme vit dans l’univers étroit et limité de son ego, il reste sous l’influence de la loi du Karma. Cette loi est la  conséquence de la loi de causalité qui gouverne l’univers physique et mental : toute cause produit un effet qui lui-même est la cause d’un autre effet et ainsi de suite, à l’infini… L’homme est pris dans ce déterminisme en ce sens que tout acte qu’il engendre est à l’origine d’une chaîne de causes et d’effets, qui en vertu de la loi d’action et de réaction rejailliront sur lui tôt ou tard et engendreront d’autres effets qui à leur tour deviendront causes etc. Telle est la loi de Karma qui se trouve bien illustrée  par l’adage : « tu récolteras ce que tu as semé ».

                                          Chaque fois que l’homme agit, on dit qu’il « crée du Karma ». Toute la vie de l’homme est prise dans son Karma. C’est un cycle sans fin sur lequel, tant qu’il n’est pas « éveillé », l’homme n’a aucune prise. La tradition nomme ce cycle irrémédiable et sans fin le Samsâra. C’est l’ego qui est le moteur du Samsâra, qu’on représente symboliquement comme une roue qui tourne indéfiniment, enchaînant l’homme au poids de ses actes : le Karma.

                                          Dans cette roue symbolique, constamment en mouvement, qui représente le Samsâra, le moyeu statique représente la Conscience Universelle, l’Être pur dans lequel la conscience individuelle (l’ego) doit se dissoudre pour se libérer de la loi de Karma et de son mouvement perpétuel .

                                            Kundalini

                                            La démarche tantrique s’appuie sur toute une vision des rapports de l’homme microcosme avec le cosmos macrocosme. Il en découle une conception toute particulière de l’être humain : l’homme contient en lui dans un faisceau rassemblé autour d’un centre attracteur stable, d’un « noyau de vie », toutes les diverses formes de la substance vibratoire : c’est un microcosme, image fidèle du macrocosme. C’est l’illustration de la loi d’Hermès qui dit : « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » ; à chaque plan vibratoire, à chaque monde, correspond un état de conscience : conscience physique, psychique, mentale, de rêve …

                                            Nous avons vu que les différentes formes de la substance vibratoire sont, selon leur densité, réparties en trois corps  qui représentent les trois types d’énergie dont le mélange fait la création : le corps physique – Tamas (l’énergie obscure de l’inconscient, lourde et statique, mouvement descendant), Rajas (l’énergie du mouvement ; la dynamique, la puissance), Sattva (l’énergie lumière, la conscience légère et ascendante).

                                            En symbiose avec ces trois corps, le corps d’énergie est comme la pile qui produit et distribue l’énergie qui se manifeste aux différents niveaux. Dans ce corps subtil, les Chakras, les Nâdîs sont les organes d’intégration et de distribution de l’énergie, et  jouent un rôle particulièrement important dans l’alchimie des énergies entreprise par l’adepte du Tantra sur lui-même. Ces Chakras sont aussi des représentations symboliques de différentes étapes que doit  gravir la conscience individuelle pour relier l’inconscient des énergies « animales » à la conscience cosmique libératrice qui se situe au sommet du crâne, dans le « lotus aux mille pétales ».

                                            Kundalini est le serpent qui dort dans le bas de la colonne vertébrale (énergie potentielle) Il attend d’être éveillé pour remonter rejoindre son seigneur, l’illuminé, qui l’attend au sommet du crâne. Tant que le  serpent dort au bas de la colonne, l’être humain reste prisonnier de ses conditionnements, du programme qui, en lui, alimente son existence. Il ne s’épanouit pas car il n’est pas en état d’actualiser son potentiel.

                                            Tant que Kundalini dort, l’homme est sous l’emprise de son inconscient et des puissances obscures qui le peuplent. L’éveil de Kundalini, c’est l’éveil de la conscience.

                                            On peut éveiller la conscience sans faire appel à Kundalini, mais dans ce cas, il faut renoncer au corps et à ses plaisirs, à la psyché et à ses joies, à l’esprit et à sa créativité à la vie dans ce monde.

                                            Eveiller Kundalinî, c’est permettre à la conscience d’éclairer tous les niveaux de notre être et de vivre chacune de nos expériences dans ce monde, aussi banales soient-elles, comme des actes sacrés dans lesquels nous ne sommes plus que les instruments d’un génial metteur en scène qui crée pour nous en permanence le merveilleux spectacle de la vie. L’éveil de Kundalini nous invite à entrer dans cette danse de la vie, dans cette célébration de l’existence, qui dans tous ses aspects n’est qu’une manifestation momentanée de l’essence éternelle de l’Être.

                                            Remonter

                                              Maître

                                              Le maître est une fenêtre ouverte sur le ciel (Dieu).Son travail est de nous amener à Dieu à travers lui et non de nous amener à lui. Ne nous arrêtons pas à la fenêtre, n’adorons pas la fenêtre car nous aurions manqué le but… Le véritable maître disparaît peu à peu à mesure que le disciple, passant à travers lui, entre en contact avec le ciel. Le véritable maître n’est pas une personne. C’est une énergie qui est en nous. C’est notre plus haute conscience. Cette énergie peut prendre temporairement la forme d’une personne extérieure, d’une main qui se tend pour nous guider vers la sortie du labyrinthe initiatique, d’un doigt qui montre la direction à suivre sur le chemin de l’éveil. Cela peut durer plus ou moins longtemps suivant  la longueur du chemin qui reste à parcourir. Mais quel que soit le temps que cela dure, c’est  toujours pour nous renvoyer à nous-même et nous mettre en contact avec notre propre maître intérieur.

                                                Malheur

                                                Le bonheur est, de nos jours, une denrée très rare… Il n’en va pas de même pour le malheur…Mais qu’est-ce être malheureux ? C’est l’incapacité de comprendre la vie, l’incapacité de se comprendre soi-même, l’incapacité d’établir un rapport harmonieux entre soi-même et l’existence. C’est un désaccord entre la réalité de ce qui est et ce que nous voudrions qui soit. Le malheur est la résultante d’un conflit entre nous et l’existence. Le bonheur, à contrario, est l’absence de conflit avec ce qui est. Il est le fruit d’une coopération entre nous-même et ce qui nous arrive. Cette coopération n’est possible que par une compréhension profonde des lois de la vie, une compréhension par laquelle l’harmonie de ce qui est nous apparaît toujours clairement au-delà des difficultés et épreuves que nous traversons. Le véritable bonheur se manifeste quand l’ego disparaît, quand nous cessons de vouloir que les choses soient comme ceci ou comme cela, quand nous n’attendons plus rien de la vie, seulement ce qu’elle nous donne. Le malheur arrive quand nous occupons toute la place, quand nous devenons le centre du monde, quand l’appétit de notre ego dépasse sa capacité de digestion, d’assimilation.

                                                  Mariage

                                                  Jusqu’à maintenant le mariage a toujours été un moyen pour chaque partenaire de se sentir en sécurité et c’est ce qui en a fait une institution névrotique, misérable, qui est bien souvent un suicide pour l’être spirituel de chacun. Car si le mariage n’est qu’un arrangement pour assurer notre sécurité, le prix que nous avons à payer est très élevé : c’est la mort de notre liberté. Et quand la liberté est perdue, tout devient laid, lourd, la mort s’installe à la place de la vie. La vie c’est la liberté, et la liberté c’est l’insécurité. L’insécurité nous maintient alerte, vif, intelligent…rien n’est sûr,  on doit rester éveillé, alors on peut grandir, apprendre, connaître la substance de la vie.

                                                  Si le mariage signifie la mort de notre liberté, ce n’est rien d’autre qu’un tombeau.

                                                  Alors rappelons-nous : si le mariage permet à la liberté et à l’amour de cohabiter, il est bon. Soyons-en conscients en permanence. Ne bradons pas notre liberté au nom de la sécurité, ne permettons pas à l’autre d’entamer cette liberté, de la diminuer et n’entamons pas la sienne, au contraire, respectons-la. La liberté est le but et la fondation de ce que nous construisons ensemble. L’amour entre deux êtres est la plus profonde expérience quand il est basé sur la liberté.

                                                  L’amour qui fleurit dans une maison fermée de partout n’est qu’une fleur en plastique, il n’est pas vrai. Il ne peut pas nous satisfaire. Pour être vraie, la fleur a besoin de l’orage, des éclairs, du tonnerre, des nuages, du soleil et du vent. L’amour a besoin de l’insécurité, de tous les défis lancés par la vie pour rester vivant. Si nous le protégeons trop, il pâlit, devient anémique puis il finit par mourir.

                                                  Alors comment savoir si notre mariage est réussi ? Il y a un critère fondamental : si nous sentons que dans le mariage nous continuons à grandir intérieurement, si on se sent de plus en plus vibrant, vivant, si on sent qu’on s’ouvre de plus en plus, non seulement à son partenaire, mais à toute la terre, à tout l’univers, si on est de plus en plus sensible à la beauté, à la poésie de l’existence, si on sent que l’amour en soi grandit, qu’on est de plus en plus conscient, alors c’est bon, continuons… Mais si nous sentons, à l’inverse, que l’aventure, la poésie de la vie devient prosaïque, si l’amour diminue, si la relation devient un fardeau, un devoir, alors n’hésitons pas à sortir de la prison avant qu’elle ne nous étouffe jusqu’à la mort.

                                                  Le but essentiel du mariage devrait être la volonté commune de deux êtres de créer une profonde intimité entre eux, de se donner la possibilité de mélanger leurs énergies afin de continuer à grandir intérieurement avec le soutien de l’autre. Le mariage ne devrait être que l’opportunité que se donnent deux êtres, de communier sur tous les plans, de se mélanger physiquement, psychologiquement, spirituellement sans se perdre l’un dans l’autre mais, au contraire, se retrouver chacun plus profondément dans sa propre individualité dans sa propre essence.

                                                  Le mariage est le mélange de deux cœurs ouverts pour vivre l’aventure de la vie ensemble.

                                                    Maya (ou illusion)

                                                    Les sages d’Orient nous disent que le monde est Maya (illusion).

                                                    Le monde, selon eux, n’est pas réel. Il n’y a rien de substantiel dans le monde. Que veulent-ils dire par là ? Sûrement pas que les arbres ou les murs qui nous entourent sont faux.. Qu’on peut passer à travers les parois de sa chambre parce qu’elles sont irréelles… Ce qu’ils veulent dire est que le monde tel que le voit l’homme du commun est faux, irréel. Le monde vu à travers le mental n’est qu’un rêve. Ce qui est vrai, réel, dans le monde est caché par l’idée que nous nous faisons du monde. Le monde réel vu à travers l’étroite lorgnette du mental et de tous ses conditionnements n’est qu’un écran sur lequel nous projetons notre propre monde, nos propres rêves. C’est le monde tel que nous le voyons à travers le mental, l’ego, qui est illusion. En fait c’est le mental qui est illusion. Le véritable monde, celui qui est au-delà de nos projections n’est pas illusoire. Mais tant que l’ego se dresse entre nous et le monde, nous sommes dans un rêve. C’est ce rêve qui est Maya.

                                                    Maya est donc le voile de l’ignorance qui nous empêche de voir les êtres et les choses de ce monde comme formant un grand Tout, unique et indivisible  et qui nous maintient dans la dualité, dans l’ignorance de l’essentiel, noyés et perdus dans les problèmes et les conflits de l’existentiel sans cesse engendrés par notre problématique ego.

                                                      Méditation

                                                      La méditation est un état d’être, un état de profond silence intérieur. Quand il n’y a plus de pensées pour troubler l’esprit, la pure conscience qui est en chacun se manifeste. Habituellement notre tête est pleine de pensées, de désirs, de souvenirs, de projections, d’ambitions, de jugements qui  se succèdent et s’enchevêtrent en permanence. Ce trafic incessant se poursuit même pendant nos nuits (les rêves) et ne nous laisse un peu de répit que pendant certaines phases de notre sommeil appelées « sommeil profond ». Ces phases de sommeil profond sont des moments d’intense régénération où l’esprit est dans un état de repos total. Si on comparait notre conscient à la surface d’un océan, on pourrait dire que pendant l’état de veille et de sommeil paradoxal (rêves), l’océan est agité par les vagues des pensées, émotions, réactions, etc…Dans le sommeil profond, la surface de l’océan est parfaitement immaculée, pas une ride ne vient troubler sa parfaite paix… Nous sommes sans le savoir, dans un état de félicité. Si on poursuit la comparaison on peut dire que l’état de méditation est le même que l’état de sommeil profond : la surface de l’océan est parfaitement lisse et paisible, la seule différence est que dans ce dernier cas, nous sommes conscients. Dans le sommeil profond nous sommes totalement endormis, totalement inconscients, comme morts. Dans l’état de méditation nous sommes totalement éveillés, totalement conscients, parfaitement vivants. Notre esprit propre se fond avec l’Esprit Universel et il ne reste plus qu’un silence attentif à ce qui est, lucide, innocent et pur…

                                                       

                                                      En fait, selon le Tantra, il n’existe que trois états d’être :

                                                      • Le sommeil profond qui est une interruption totale et momentanée de la conscience, c’est un état de « non être ».
                                                      • Le rêve qui correspond à l’activité mentale pendant le sommeil ou pendant la veille (car même quand nous sommes réveillés de notre sommeil, nous continuons à rêver dans le sens où l’activité mentale « pollue » notre conscience). Dans cet état le miroir pur et lumineux qu’est notre conscience est troublé par les processus mentaux et ne nous permet pas de saisir la réalité telle qu’elle est. Notre saisie de la réalité passe à travers le filtre embrumé de notre ego…
                                                      • l’éveil qui n’est autre que l’état de méditation.

                                                      Être en méditation signifie donc : être conscient, ici et maintenant, de ce qui est.

                                                      C’est saisir le réel sans passer par la grille programmée de notre mental et de ses critères étroits et limités. C’est seulement dans le profond silence intérieur de la méditation que l’on peut entrer en contact avec le mystère de l’existence, que l’on peut savoir qui on est, qui on peut être.

                                                      L’état de méditation est, en chacun, comme un diamant enfermé dans sa gangue de pierre et de boue. C’est un état de parfaite sérénité, plénitude, ouverture, lucidité, compassion, liberté, qui reste inaccessible tant que le mental (la gangue) n’a pas été purifié.

                                                      La méditation est un état d’esprit, au sens propre du terme, et un art de vivre. Pour l’atteindre, il y a des techniques que l’on appelle également « méditations ». La méditation est le principal outil du chercheur qui s’aventure sur la voie du Tantra, c’est la clé de la réussite sur ce chemin, c’est à la fois le moyen et la fin.

                                                      Remonter

                                                        Nirvâna

                                                        Au bout du voyage initiatique, quand l’homme se libère des  structures psychophysiologiques, qui le conditionnent et l’enchaînent à son ego et au Karma que celui-ci alimente, il atteint l’état de Nirvâna. Maître de sa nature terrestre, matérielle (corps et mental), il ne fait plus qu’un avec l’esprit de l’être éternel qui est en lui. Il vit sur une conscience qualitativement autre qui lui permet de s’élever au dessus des oppositions et des conflits et de saisir le principe d’harmonie en toute chose. L’homme libéré reçoit ce que la volonté divine lui apporte avec gratitude ; ce qui vient à lui, il l’accepte  sans répulsion ni attachement. Ce qui s’en va, il le laisse partir rejoindre le tourbillon des choses, sans regrets ni affliction ni sentiment de perte. Par ses actes, il ne crée plus de Karma car il est dans le Dharma, le Tao, dans l’action juste, libéré du cycle infernal du Samsâra.

                                                        Remonter

                                                          Peur

                                                          Quand on est prêt à affronter la jungle qui est en soi, qu’on descend en soi-même et qu’on commence à s’ouvrir, il se peut qu’on rencontre la peur…. Sachons que cette peur est bonne.

                                                          C’est la peur de perdre pied, de perdre sa sécurité, ses repères, peur de perdre son identité. Il faut aller jusqu’au bout de cette peur de la mort, de la mort de l’ego car la véritable naissance n’intervient qu’après cette mort. Acceptons cette peur comme une bénédiction qui indique que quelque chose se passe dans les profondeurs de notre être. Un changement se prépare. Sans chercher à lui trouver des causes dans le monde extérieur, continuons à descendre en nous-même car notre véritable visage est au-delà de cette peur.

                                                            Possessivité

                                                            Possessif est un synonyme de misérable. Notre degré de possessivité est lié à la quantité d’amour dont on a besoin .Le besoin d’amour d’un être est proportionnel à son immaturité. Plus un être est mûr psychologiquement, spirituellement, moins il a un besoin névrotique d’amour, plus il en a à donner.

                                                            L’amour possessif n’est autre que celui du petit enfant qui est en nous et qui pleure pour le sein de sa mère…Il a soif et le sein n’est pas disponible… Il est perdu… Derrière la jalousie et la possessivité, il y a l’enfant en manque. Une personne mûre n’est pas possessive ; comment peut-on se considérer comme propriétaire d’un autre être humain ? Comment peut-on considérer qu’un être est obligé de nous aimer ? Cela est aberrant. Personne n’est responsable de notre bonheur, c’est la première chose qu’un être mûr découvre et applique. Rejeter la responsabilité de son malheur sur  l’autre, l’en rendre coupable et responsable est une attitude infantile. L’être mûr accepte les événements de la vie avec leurs fleurs comme avec leurs épines ; s’il souffre parce que l’autre n’est pas conforme à ce qu’il en attend, il ne s’en prend qu’à lui-même.

                                                            Quand on se sent possessif, prenons conscience de cet enfant en demande qui est en nous, regardons-le, observons-le, voyons les mécanismes qu’il induit dans notre comportement et ne jugeons pas, simplement observons. Par l’observation consciente de ce processus, doucement, les choses vont changer. Une maturité va naître et avec elle le besoin névrotique d’amour va disparaître. Nous finirons par en arriver à pouvoir donner sans rien attendre en retour (ce qui ne veut pas dire que nous ne recevrons rien, bien au contraire).

                                                            Quand on ne se sent plus comme le centre de l’univers tel un enfant démuni, le vide affectif devient plénitude et on ne possède plus ce qui nous est donné par la vie. On sait que rien ne nous est dû. On apprend à dire merci aussi bien quand les choses nous arrivent que quand elles nous sont retirées.

                                                            Remonter

                                                              Responsabilité

                                                              Agir en tant qu’être responsable signifie agir consciemment. Agir consciemment, c’est prendre ses responsabilités en agissant…Être responsable est le premier pas vers l’éveil.

                                                              Être responsable c’est être capable de « répondre » positivement, avec créativité, et cela n’est possible que lorsqu’on est « conscient ».Comment répondre si l’on est endormi ? Être responsable signifie être alerte, lucide. Dans le plus petit acte de la vie quotidienne commençons par mettre toute notre attention, toute notre lucidité : prenons notre bain consciemment, mangeons consciemment, marchons consciemment, bannissons toute action mécanique… Agissons en toute conscience et petit à petit, nous en viendrons à découvrir que tout devient lumineux. Car la conscience c’est la lumière qui est en nous, et cette lumière est là pour éclairer notre vie, ce que nous vivons, ce que nous faisons…

                                                              Il est dit : « tu récolteras ce que tu as semé ». Cela est vrai. Si on est misérable, cela signifie qu’on a semé la misère… Personne d’autre n’en est responsable à notre place. Le fait qu’il y ait un intervalle plus ou moins long entre les « semailles » et la « récolte » ne change rien à la vérité de cette loi immuable (la loi du Karma). Bien sûr, à cause de cet intervalle on oublie facilement sa propre responsabilité et il est tellement plus commode de rejeter les responsabilités sur le dos des autres. Il est difficile d’accepter qu’on est soi-même le responsable de son propre enfer, mais seulement au départ…C’est une habitude à prendre, un nouveau programme à introduire dans nos structures mentales…Et ce nouveau programme est la clé de la transformation…Car si nous arrivons à pouvoir considérer que nous sommes le créateur de  notre propre enfer, nous ne sommes pas loin de pouvoir considérer également que nous pouvons être aussi le créateur de notre paradis…Se sentir responsable est le premier pas vers la liberté. A partir du moment où on voit clairement qu’on est le créateur de tout ce que l’on vit, on est libéré de toutes les excuses, de toutes les « raisons » extérieures qui nous empêchaient de prendre notre destin en main. A partir de ce moment on peut choisir de chanter plutôt que de pleurer, de danser plutôt que de traîner la patte, on est Soi, un individu (celui qu’on ne peut pas diviser).

                                                              Remonter

                                                                Samsâra

                                                                Toute action crée une trace dans le grand Tout et engendre un processus qui aboutit à un  résultat, autrement dit, pour toute « séquence d’action », il y a une  « conséquence ». Toute action (physique ou mentale) est une graine semée qui produit un « fruit », quel que soit le temps mis par le fruit pour mûrir. Ceci est un phénomène tout à fait reconnu quand il s’agit de la matière, on l’appelle la loi de cause à effet : tout effet a une cause, toute cause engendre un effet. Pour le Tantra, de même que pour toutes les traditions initiatiques d’Orient et d’Occident, cette loi est valable dans le domaine de l’action humaine. On l’appelle la loi de Karma, et quiconque n’est pas dénué d’un minimum de bon sens peut aisément s’en rendre compte par lui-même.

                                                                Ces traditions postulent que le fruit des actions n’est pas forcément recueilli dans le cours de la vie où elles ont été engendrées mais dans une vie postérieure, selon la loi de réincarnation. La naissance et la mort n’existent que pour la « matière » de notre être : le corps. Dans chaque corps qui naît à la vie, est incarnée une âme qui apporte avec elle son bagage de « Karma » non payé (de fruits d’actions non récoltés)… Le but de chaque être humain est de prendre conscience de plus en plus profondément, qu’en chaque circonstance de la vie et dans chaque action, on ne fait rien d’autre que  « payer » les Karmas passés (ceux de cette vie et ceux des vies antérieures). Plus on est « conscient » dans une action, moins on crée de Karma à partir de cette action. Être totalement conscient, c’est être dans le Dharma, dans le Tao, dans l’action juste qui ne laisse pas de traces karmiques. Quand l’être a fini de payer consciemment ses Karmas, il est libre.

                                                                Les âmes qui s’incarnent dans chaque corps sont immortelles et éternelles. L’univers matériel va et vient, tout ce qui a une forme et un nom naît et meurt, mais le sans nom et le sans forme qui en est l’essence demeure éternellement. Tout ce qui apparaît dans l’univers naît et meurt et les univers, eux aussi, naissent et meurent. Ce mouvement est appelé la respiration de Brahmâ, ou la  systole et la diastole du cœur de l’univers. La cause de cette respiration qui entraîne ce mouvement (création, développement et destruction puis re-création ou re-naissance) est le désir.

                                                                C’est le désir qui engendre l’action, laquelle engendre à son tour une réaction enclenchant un processus sans fin qu’on nomme Samsâra. Ces actions, qu’elles soient positives ou négatives (en accord ou en désaccord avec le Dharma) conduisant à la réjouissance ou à la  souffrance, se situent dans le cadre du Samsâra.  Chaque âme individuelle (Jîvâtman) renaîtra dans le monde jusqu’à ce qu’elle soit libérée du désir. Tant que le désir est présent dans l’âme, elle est entraînée dans le cycle des naissances et des renaissances dans le monde des formes. Ce n’est que lorsque le désir disparaît que l’âme se libère du Samsâra pour entrer dans le Nirvâna.

                                                                  Sensualité

                                                                  La sensualité est la circonférence et la spiritualité est le centre.

                                                                  La sensualité est le commencement de la spiritualité. Être de plus en plus sensuel, c’est être de plus vivant. Être sensuel signifie être ouvert. Les sens sont des portes par lesquelles entre l’existence.

                                                                  Être sensuel signifie maintenir ses sens en éveil. Un oiseau a chanté, la brise nous a effleuré le visage et une senteur de printemps s’est infiltrée dans nos narines…Nous sommes en communion avec l’existence en tout premier lieu par nos sens.

                                                                  Goûter la vie, partout où elle se manifeste dans sa diversité de couleurs, de formes, de goûts, de parfums, de sons, c’est s’enrichir, c’est participer à son mystère. Les sens doivent s’ouvrir de plus en plus pour que, quand la musique arrive, on devienne cette musique, quand les couleurs nous parviennent, nous devenions ces couleurs.

                                                                    Sexe

                                                                    La religion traditionnelle condamne et réprime le sexe. Mais on ne peut réprimer le sexe sans causer de graves troubles psychosomatiques. L’énergie sexuelle est une réalité biologique, existentielle. Elle ne peut que se transformer pour être exprimée à un niveau plus élevé. Comme le lotus prend racine dans la boue, l’Amour prend racine dans l’énergie sexuelle. Le lotus s’élève à partir de la boue. Si nous réprimons sa croissance, il reste dans la boue. L’humanité bien pensante a toujours réprimé le sexe, elle l’a toujours maintenu dans la boue de l’inconscient. Plus on réprime quelque chose, plus on l’amplifie. Si on réprime l’énergie sexuelle, elle va s’exprimer d’une manière malsaine, névrotique.

                                                                    Contrairement à une fausse interprétation (due d’ailleurs au climat malsain qui entoure le sexe dans nos sociétés), le Tantra n’est pas basé sur des pratiques sexuelles, ni même sur une attitude privilégiant le sexe, simplement il accepte le sexe comme il accepte l’être humain tel qu’il est.  C’est par une profonde compréhension du phénomène de l’énergie sexuelle et des techniques pour la transmuter en énergie créatrice qu’il transcende le sexe. Le Tantra ne condamne pas plus le sexe qu’il ne s’y complaît. Il cherche  simplement à le comprendre et à s’élever du plan animal au plan humain dans une perspective divine. Ce sont les gens refoulés, les gens malsains à l’égard du sexe qui condamnent le Tantra et entretiennent les malentendus. Ces gens sont obsédés et projettent leurs fantasmes dès qu’on parle du sexe sans le condamner. En fait, l’énergie sexuelle c’est l’énergie vitale à l’état brut. La vie dans tous les domaines (végétal, animal et humain) est perpétrée par le sexe, par la relation énergétique mâle femelle. Mais ceci n’est qu’un aspect limité, la reproduction n’est que la première fonction sexuelle. L’homme doit comprendre le mystère de la relation sexuelle entre le masculin et le féminin, avant de le dépasser. Pour le comprendre, il faut l’accepter et le vivre positivement sans tomber dans l’excès. Il est une étape sur la Voie et à cette étape, il y a déjà certaines clés pour poursuivre le chemin à un niveau supérieur

                                                                      Shakti

                                                                      «  La libération sans la connaissance de la Shakti n’est que simple plaisanterie » ; Tantra Tattva.

                                                                      Brahman, l’absolu, quand il se manifeste, se polarise d’une part en Shiva : l’Esprit pur ou Conscience pure Être pur, Essence et d’autre part en Shakti : la puissance existentielle de Shiva ou énergie. C’est sous l’aspect de Shakti que Dieu (Shiva) produit, nourrit et maintient l’univers. Elle est la créativité du Créateur.

                                                                      Quand l’Esprit se manifeste (quand Dieu essence devient existence), il devient énergie ou « puissance » sous forme de Shakti. Cette puissance « va de l’avant » dans une suite d’émanations et de transformations qui sont appelées les 36 Tattvas et devient le monde (minéral, végétal et animal) dans toutes ses formes.

                                                                      Shakti est en même temps la substance et la puissance dynamique qui incarne l’Esprit, qui le manifeste. C’est l’Énergie- Conscience qui descend de l’Esprit vers la matière et remonte de la matière vers l’Esprit dans un mouvement constant. Tout ce qui existe dans l’univers du monde phénoménal est Shakti.  Le but de la Sâdhanâ tantrique est dans un premier temps de reconnaître Shakti (l’énergie) dans toutes ses formes, puis de la reconduire à  sa source qui est la Conscience (Shiva).

                                                                      Shakti, le principe féminin, est donc considéré comme le principe actif de la conscience, ce qui explique pourquoi, dans le Tantra, la femme est vue comme une émanation du  principe féminin et représente l’énergie cosmique incarnée. La femme en tant que Shakti est investie de tous les aspects de la vie, de la création à la dissolution, du sensuel au spirituel. La puissance universelle de Shakti est le moteur et la matrice de tout ce qui « est » dans l’univers et de tout ce qui « se fait » dans l’univers.

                                                                        Shiva

                                                                        Dans les Upanishads (textes sacrés considérés comme l’achèvement philosophique des Védas), Brahman (Dieu en tant qu’absolu) se manifeste sous forme de « Trimûrti » (trinité) : Brahmâ, Vishnou, Shiva. Brahmâ est le principe créateur, Vishnou, le principe conservateur qui soutient la création et Shiva le principe destructeur. C’est parce qu’il est le destructeur que Shiva signifie le bon, le bienveillant. Il est celui qui dépouille de tout, qui ne permet de demeurer à rien de ce qui n’est pas, qui fait sans arrêt passer au-delà. Il est le temps qui emporte l’homme et l’univers dans une ronde inexorable, qui fauche l’instant qui passe, pour permettre de naître à celui qui suivra. C’est lui qui rompt toutes les attaches et qui défait tous les liens. Shiva est celui qui détruit pour faire renaître.

                                                                        Dans la vision tantrique il est le principe transcendant, masculin inactif et statique, l’essence suprême qui produit la grande danse de la vie (Shakti) et en qui elle se résorbe.

                                                                          Spiritualité

                                                                          La religion est l’écorce de l’arbre, la spiritualité en est le cœur, la sève..

                                                                          La religion a quelque chose à voir avec la spiritualité mais seulement quelque chose de vague. La religion est un vague reflet de la spiritualité. La religion n’est que l’apparence de la spiritualité, son ego.

                                                                          Le malheur est que l’on enseigne à l’homme à être religieux et on ne lui enseigne pas comment être spirituel. On lui apprend à cultiver une identité religieuse (je suis chrétien, juif, musulman, bouddhiste, etc.), mais on ne lui dit pas que cette identité n’est que l’extérieur d’un cercle dont il faut trouver le centre. On ne lui dit pas non plus que ce centre est le même pour toutes les religions comme c’est la même essence qui est au cœur de chaque être humain. Ainsi on aboutit à l’aberration des guerres de religions. C’est ainsi que la religion devient un facteur qui sert plus la division entre les hommes que leur union.

                                                                          Les religions sont multiples, la spiritualité est Une

                                                                          Il est vrai que quand l’Esprit se manifeste, il doit prendre une forme, et cette forme c’est la religion. Il est vrai que la sève qui monte au cœur de l’arbre nourrit l’écorce… Mais prenons garde aux arbres morts, méfions-nous de ces religions qui ne nous proposent plus que des rites vidés de sens, une morale, un credo, et des dogmes car elles sont des arbres morts et peuvent nous endormir dans le ténébreux sommeil de la « bonne conscience ».

                                                                            Spontanéité

                                                                            Pour le Tantra, la spontanéité est une valeur primordiale. Il faut être naturel, permettre à notre nature de s’exprimer, ne pas obstruer, ne pas cacher cette nature, ne pas la détourner vers une direction, où spontanément, elle ne veut pas aller .Il faut, au contraire, s’abandonner à sa nature, se laisser flotter vers là où elle nous porte. Il faut lui faire confiance.

                                                                            Spontanéité signifie : ne pas interférer, rester dans ce que le Tao appelle le non agir

                                                                            (non pas rester inactif, mais laisser faire l’énergie qui s’exprime spontanément en soi). Et ce qui survient ; on a plus qu’à l’observer et à en devenir témoin. Ne fixons pas de but à cette énergie qui s’exprime spontanément, laissons-la nous mener là où elle va d’elle-même. Ce que nous choisissons de faire à l’encontre de notre spontanéité n’exprimera jamais notre nature profonde. C’est pourquoi il y a tant de souffrances dans l’humanité, les gens sont constamment en train de lutter contre leur nature profonde, contre eux-mêmes, au nom d’un idéal, d’une morale, d’une doctrine, d’une croyance. Au lieu d’écouter ce qui s’exprime en eux, les gens écoutent les idées préconçues, le « qu’en dira-t-on » et, peu à peu, ils tuent toute vie en eux. Ils deviennent des morts-vivants.

                                                                            Nous sommes tellement conditionnés par la morale, les valeurs traditionnelles que dès que nous laissons notre nature s’exprimer, nous sentons immédiatement un sentiment de culpabilité.

                                                                            Mais il ne faut pas confondre spontanéité et impulsivité. L’impulsivité est aveugle, elle est l’expression du corps inconscient. La véritable spontanéité émane de l’âme. Elle est consciente.

                                                                            Remonter

                                                                            L'école du Tantra

                                                                            Calendrier des stages

                                                                            Renseignements

                                                                            Adresse

                                                                            Château Laroque
                                                                            33 890 Juillac

                                                                            Secrétariat

                                                                            05 57 47 47 17

                                                                            Du lundi au vendredi :

                                                                            De 9h à 17h



                                                                             

                                                                            Renseignements :